Quand l’ancien Derdé décède
(« Derdyin dahou garbourtchi » caché la face dans
la langue Toubou), le jour même de la clôture de la cérémonie
marquant le sacrifice annuel du Derdé, le choix du successeur
est fait au sein de l’une des trois grande familles royales dont
le tour est venu. Le postulant doit appartenir à l’une
des famille Arami ,Erdy ou Lay , étant entendu que ces trois
familles , toutes du clan Tomagra , exercent le pouvoir alternativement,
ceci depuis l’année 1590. Avant cette date, le pouvoir
était transmis de père en fils .
Souvent , ces familles sont elle-mêmes ramifiées
et donc, c’est au tour du rameau ou des rameaux dont aucun membre
n’a accédé au trône au précédent
tour d’élire librement le candidat. Cette élection
se fait parfois de concert avec les autres rameaux issus de la même
grande famille .
Les critères de choix sont biens simples :
- le candidat doit être adulte ( Arami est devenu Derdé
à l’âge de 20 ans) dans l’histoire du royaume
du Tibesti, il n’y a pas eu un Derdé mineur.
- Il doit être de bonne moralité.
- Il doit être saint physiquement .
- Il doit être apte à remplir son futur rôle sans
se laisser influencer ou s’assujettir à personne .
- il doit avoir des qualités diplomatiques .
- il doit avoir des qualités militaires , surtout bien connaître
l’art
de guerre.
- il doit être un bon orateur car il y a des circonstances où
seul le Derdé peut parler surtout que l’homme de pouvoir
est toujours non seulement celui qui parle mais la seule source de paroles
légitimes. Il doit savoir ce que doit dire un Derdé et
ce qu’ est une parole de Derdé.
- Il doit être généreux de ses biens et ne peut
se permettre sans se préjuger de repousser les incessantes demandes
de ses sujet.
- Il ne doit pas être meurtrier même involontairement.
- Il ne doit pas être partial ni envers sa familles, ni envers
son clan , moins encore envers d’autre personne même étrangère
au pays Tedas .
Ce sont là les quelques critères ordinaires
permettant d’opérer le choix du futur Derdé . Il
est nécessaire de souligner que , lors de cette élection,
les prétendants au trône n’ont aucune nationalité
au sens moderne du terme, en ce sens que les Tomagra concernés
ici (familles Arami, Erdy et lay) vivent les uns au Tchad, les autres
en Libye et d’autres encore au Niger, chacun avec la nationalité
de ce trois pays dont il est issu; c’est dire qu’au moment
de l’élection , le critère de l’appartenance
à un pays quelconque n’est pas pris en considération.
Par exemple en juin 1995, lors de l’élection de l’actuel
Derdé Maï Barkaïmi, il y avait parmi les 5 candidats
en liste, un homme d’affaire nigérien, et un officier supérieur
libyen en retraite, le Derdé Kinimi était de nationalité
libyenne. En d’autres termes les tedas ne reconnaissent pas, lors
des évènements de ce genre , les frontières artificielles
léguées par la colonisation et rendue intangibles en 1963
par la charte de l’organisation de l’Unité Africaine(
OUA) devenue aujourd’hui Union Africaine (U A). Ces fausses frontières
devise le pays Teda entre trois pays, pourtant le Tibesti ne fut jamais
colonisé.
Après l’élection, le nouveau Derdé
vient habité la capitale du Tibesti (Zouar cœur de Sahara
) entité administrative de la République du Tchad. Cependant,
le Derdé reste toujours le Derdé de tout les Tedas, qu’ils
soient au Tchad , en Libye ou au Niger.
L’investiture du Derdé
Le rituel d’intronisation a toujours lieu à Zouar , la
capitale, sous un épineux appelé Tari en langue Teda.